Une
séquence de kata au karaté. |
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Dans la pensée archaïque japonaise,
le temps, en tant qu’énergie vitale primordiale,
est le véritable maître de l’univers,
propulsant et accomplissant un devenir perpétuel
auquel tout est soumis. Ainsi, dans les arts, y compris
dans les arts martiaux, et jusque dans la cérémonie
du thé, la captation de cette énergie primordiale
se fait sur la base du jo-ha-kyu,
un principe esthétique temporel, que l’on
peut traduire par « introduction, briser, rapide
». Il s’agit d’un schéma structurant
que l’on retrouve à tous les niveaux : microcosmique
(un enchaînement de coups de poings, des pas de
danse ou des notes de musique) et macrocosmique (un acte
de théâtre, une structure narrative, une
chronique épique).
Dans Kigetsu, chaque partie est organisée
selon ce principe, au niveau général (pendant
la partie) et particulier (dans le monde des esprits).
Le jo-ha-kyu est en ce sens une « respiration
», qui donne vie au jeu. Le dramaturge Zeami
le décrivait comme un ruisseau devenant une rivière,
puis une cascade qui va s’écraser en contrebas
pour devenir, au final, un petit bassin. Il se traduit
comme l’introduction, le développement et
la conclusion de toute action.
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